Quel peut être l’apport, dans le cadre d’un exercice quotidien en kinésithérapie ou en médecine, d’un enseignement spécialisé de psychologie et de psychopédagogie ?
Emmanuelle Duprat* :
"Il me semble tout d’abord, que l’on ne peut séparer complètement les domaines « psychique » et « somatique », et que, si la notion de pathologie « psycho-somatique » (expression corporelle d’une problématique d’origine psychique) est actuellement bien connue, le mécanisme inverse (retentissement psychologique d’une symptomatologie physique) est lui à redécouvrir.
Il me paraît également très important pour les praticiens de posséder une vision complète de la physiologie et de la pathologie.
Les kinésithérapeutes et les médecins ont en effet à gérer, dans leur pratique quotidienne, un grand nombre d’interventions de nature « psychologique », la présence de troubles psychiques plus ou moins masqués par le symptôme physique (troubles dépressifs, anxieux, parfois délirants
) et la pratique d’une relation d’aide parfois complexe (attentes du patient, peurs, traumatismes coporels
).
N’ayant pas reçu de formation spécifique, ils sont souvent démunis face à des comportements qu’ils ne comprennent pas ou des situations qu’ils ne maîtrisent pas.
Un enseignement très ciblé, comme celui qui est dispensé dans le cadre de la formation en Somato-Psychopédagogie, offre aux fasciathérapeutes des repères théoriques et pratiques (comme les techniques d’entretien), leur permettant de se familiariser avec une dimension plus globale de leur pratique."
*Psychiatre, Formatrice en Somato-Psychopédagogie, Aix-en-Provence.
|
|